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CAMILLE CLAUDEL


La petite drôle de fille Avec des yeux trop grands Pour ne pas être bleus, La petite drôle d'anguille Avalait en courant La forêt quand il pleut Et la terre sur laquelle elle jetait son corps Comme on s'endort sur l'autre, Ce lit où la vie se vautre, Elle jurait que ses mains y défieraient la mort Paul, mon petit Paul, tu vois Ces branches que la pluie Dessine sur le ciel ? Il m'arrive quelquefois D'imaginer la nuit Des arbres artificiels Et je sais très bien qu'un jour J'animerai la pierre de mon ciseau-caresse, Oui, le marbre a sa faiblesse Et je veux lui donner la forme de l'amour.

Camille, la vie, c'est le seul vrai mélo Ça part d'un grand éclat de pleurs Ça rit avec des trémolos Camille, la vie, c'est un superbe enfer Et Dieu est un curieux sculpteur Qui tue les statues qu'il préfère La petite drôle de femme Au fond de l'atelier Du grand Monsieur Rodin, La petite drôle de dame En habit d'écolier Ignorait le dédain Et faisait sourire une âme Aux lèvres de granit Au milieu du grand vide Où le temps sculpte des rides Aux étangs de champagne Et au front d'Aphrodite. Oh, Monsieur Rodin, le feu Le feu, je veux pouvoir l'enfermer dans la pierre ! Oh, Monsieur Rodin, mes yeux, Pourquoi me font-ils mal le soir sous mes paupières ? La mort, non, je n'ai pas peur d'elle Mais j'ai peur que l'amour nous oublie en chemin. Nous, les amants immortels, Toi, Auguste Claudel, Moi, Camille Rodin Camille, la vie, c'est le seul vrai mélo Ça part d'un grand éclat de pleurs Ça rit avec des trémolos Camille, la vie, c'est un superbe enfer Et Dieu est un curieux sculpteur Qui tue les statues qu'il préfère

Serge Reggiani


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